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Nous étions tous bien déçus quand le trafic véhiculaire et pédestre sur la base militaire de Rockcliffe a été interrompu le 13 octobre 2009. Cet espace vert était un site privilégié pour les plaisanciers qui y promenaient leurs chiens, ou s’y baladaient à la marche ou au jogging. En raison des travaux de construction et de démantèlement des structures, le ministère de la Défense nationale a choisi de barricader la base afin d’assurer la sécurité de tous. Ces préparatifs ouvrent la voie à la nouvelle vie de cet espace près du centre d’Ottawa, et elle soulève une question importante, à savoir comment développer sagement cet espace urbain.

Lorsque les opérations ont cessé sur la base militaire de Rockcliffe en 1994, elle avait accumulé près de 100 ans de service — l’endroit était utilisé par les militaires depuis 1898. Le Air Regulations Act, adopté par le Parlement en 1920 a fait d’elle le site d’un des six premiers aérodromes canadiens. Qu’un aérodrome – prédécesseur de l’aéroport – ait vu le jour à Rockcliffe souligne bien que c’était un des premiers sites de l’industrie naissante de l’aéronautique. Charles Lindberg, célèbre pilote du Spirit of St. Louis, le premier à traverser l’Atlantique en avion, est venu visiter l’aérodrome de Rockcliffe en 1931. Mais l’héritage de cette base ne se limite pas à ce qui sera lu dans les livres d’histoire. Le développement de cet espace urbain aura bientôt un impact sur notre communauté contemporaine.
La Société immobilière du Canada aura un rôle important à jouer dans l’élaboration du plan de réaménagement de la base aérienne de Rockcliffe. Elle a tenu deux réunions publiques en 2006 mais elle a ensuite décidé d’interrompre le projet de réaménagement jusqu'à ce que le titre de propriété de la base lui soit cédé par le ministère de la Défense nationale. Comme un certain nombre de médias s'en sont fait l'écho au printemps 2007, cette cession a été remise en cause par des revendications territoriales autochtones. J'ai été avisé que ces revendications sont maintenant réglées.
Toute initiative d’élaboration d’un plan de réaménagement de la base doit impliquer les communautés, entrepreneurs et gouvernements dans un processus inclusif et délibératif. La planification urbaine est une activité de nature politique : construire une communauté c’est aussi déterminer comment elle bouge, elle travaille, elle s’anime, et elle se diverti. La planification urbaine doit refléter les valeurs de la communauté qui accueille le développement. C’est pourquoi cette activité doit rassembler la communauté pour recueillir ses idées et écouter ses plans. Le développement de la base de Rockcliffe doit respecter ces principes.
Selon les plans de réaménagement établis en 2006, on envisage de créer huit quartiers distincts, chacun doté de commerces et de bureaux, pour un total d'environ 4 500 logements. Je suis convaincu que ce réaménagement doit se fonder sur un projet plus ambitieux que la création d'un nième quartier résidentiel
Ma vision pour le développement de la base Rockcliffe est alimentée par des considérations d’équilibre, de viabilité et de durabilité, mais surtout de développement économique. L'un des points sur lesquels je continuerai d'insister est l'importance de réserver une partie suffisante du terrain à un usage non résidentiel. Pour qu'un projet de développement qui accueillera de 10 000 à 15 000 résidents soit durable, et ne se transforme pas en une nouvelle banlieue-dortoir, il est essentiel que des emplois y soient créés sur place. La création d’emplois sur place réduit les pressions sur le réseau routier et la pollution; encourage la proximité du travail et de la résidence qui produit des bénéfices pour la famille et la santé; tisse des liens communautaires qui encouragent la participation et l’entre-aide; et créé des marchés pour les artisans et les commerçants locaux.
La proximité des édifices du Conseil national de recherches du Canada – qui rassemblent la plus forte concentration de scientifiques au pays – représente une opportunité et une force unique pour nous tous. Soyons prudent de ne pas la dilapider. Nous serions sages d’apprendre des leçons que nous offrent les développements des Docklands à Melbourne, Australie – qui sont prisés comme centre d’affaire, mais ont été critiqué pour les délais de planification, pour le manque d’espaces verts et pour dissuader le trafic pédestre – et de Détroit, où les nombreux projets donnent lieu à une variété d’expériences de développement urbain. Ils ont leurs défauts et leurs succès. À nous d’en tirer profit! 
Le développement de la base de Rockcliffe est une de mes priorités. Je vais continuer à m’impliquer dans ce dossier et j’espère que vous me ferrez part de vos inquiétudes et de vos visions d’avenir en ce qui concerne le développement de ce site précieux.